J'ai rêvé de courir longtemps

Publié le par mrs pepys

            couvcourir-copie-1Smithy Ide, vieux garçon obèse, perd ses parents dans un accident de voiture. En ouvrant leur courrier, il apprend que sa sœur, disparue depuis plus de vingt ans, est morte elle aussi. Il n'en faut pas plus pour que Smithy se sente un peu perdu. Il enfourche sa bicyclette de jeunesse, espérant qu'une balade au clair de lune lui remettra les idées en place. Une kyrielle d'événements aussi invraisemblables que déterminants le poussent à poursuivre son chemin. C'est décidé, il se rendra en Californie, où l'attend le corps de sa sœur, à bicyclette. Commence alors un long périple aux rebondissements rocambolesques, qui se mue en quête, grâce à moult évocations du passé.

 

            Ce roman rassemble une horde de personnages, souvent caricaturaux, qui se meuvent dans un cadre très américain. Rien n'est épargné au lecteur, ni les souffrances du quarantenaire banlieusard, obèse et alcoolique, ni les souvenirs de jeunesse avec leurs étapes obligées (interrogations sur les filles, bal de fin d'année, joyeuses parties de pêche…), ni les bons sentiments liés à la transformation qui se joue en Smithy au gré des coups de pédale. Le héros est loin d'être antipathique, et on peut même se surprendre à l'encourager intérieurement quand il affronte une météo à ne pas mette un cycliste dehors. L'histoire d'amour qui s'écrit en filigrane, le long calvaire de Bethany, la grande sœur en proie aux troubles mentaux, voilà qui devrait susciter un tant soit peu d'émotions au lecteur. L'alternance entre récits du présent et du passé éclaire d'un jour de plus en plus lumineux le personnage de Smithy. Et pourtant, rien n'y a fait : je me suis un peu ennuyée en tournant les pages. Il manque un je-ne-sais-quoi pour rendre ce roman vraiment poignant. Un style sans doute, car l'ensemble est assez morne. Un peu plus de légèreté, peut-être. En refermant J'ai rêvé de courir longtemps, demeurent deux envies difficilement répressibles : avaler quelques bananes et enfourcher une bicyclette pour se vider l'esprit.

 

            Tous mes remerciements à Blog-o-Book et aux éditions du Livre de Poche, qui m'ont permis de faire connaissance avec un roman qualifié par Stephen King de "meilleur roman de l'année".

 

J'ai rêvé de courir longtemps, Ron McLarty, 2004.

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pimprenelle 11/08/2010 19:44



Mouais, bof, je ne suis pas trop tentée..



mrs pepys 12/08/2010 10:22



Et je te comprends...



Lalou 11/08/2010 09:17



Dommage qu'il manque quelque chose, car le roman a l'air sympathique.


Je le note quand même dans un coin de ma tête, si j'ai l'occasion j'essayerai :)



mrs pepys 12/08/2010 10:21



"L'air sympathique", c'est exactement ce que je me suis dit. Malheureusement, ça fait pschitt.