Un ciel radieux

Publié le par mrs pepys

           couvcielTakuya Onodéra est un lycéen impétueux. Kazuhiro Kubota est un quarantenaire, père de famille et employé surmené. Ils ne se connaissent pas, et pourtant ils sont amenés à se côtoyer dans des circonstances peu ordinaires. Leurs véhicules se percutent un soir de juillet. Quand Takuya ouvre les yeux, c'est l'esprit de Kazuhiro qui contrôle son corps. Celui de Takuya n'a pas disparu, mais il semble trop faible pour s'imposer. Les deux hommes sont contraints de cohabiter dans le corps de Takuya. C'est une chance extraordinaire pour Kazuhiro qui souhaite faire ses adieux à son épouse et à sa fille avant de disparaître définitivement. Une chance aussi pour Takuya, auquel son aîné fait ouvrir les yeux sur ce qui compte vraiment dans la vie.


            Si le sujet de ce manga peut, de prime abord, sembler étrange et lugubre, Jirô Taniguchi parvient, comme à son habitude, à séduire le lecteur. Il ne s'agit pas en effet seulement de raconter une histoire aux accents surnaturelles, mais de s'interroger aussi bien sur la manière de quitter la vie, que sur celle d'en profiter pleinement avant que la mort nous surprenne.

           Dans la postface, l'auteur écrit : "je crois que dans le cours de toute existence, certains événements, certaines expériences sont capables de nous faire changer notre façon de vivre. Ces événements, ce sont ceux au cours desquels on retrouve la conscience objective de soi-même, sa nature profonde, au-delà du personnage que l'on incarne dans les conventions de la vie quotidienne. (…)

 Au point de départ de cette histoire, il y a l'idée que chaque être humain, au cours de sa vie, peut découvrir les quelques choses essentielles, une ou deux tout au plus, qui comptent réellement pour lui."

           Le personnage au cœur de cette réflexion est celui de Kazuhiro, qui prend conscience des choix erronés que la vie l'a conduit à faire. Il regrette de s'être épuisé au travail, au point de n'avoir plus le temps de passer du temps avec sa famille. Il s'en veut d'avoir sans cesse repoussé à plus tard le moment de se reposer, de profiter de la vie. Ce n'est que trop tard qu'il ouvre les yeux sur ce qui est le plus important pour lui.

           Hors de cette leçon de vie, Un ciel radieux rassemble les éléments qui rendent les œuvres de Taniguchi si agréables à lire, et si représentatives du Japon contemporain. Les paysages urbains foisonnent. Les maux de la société nippone affleurent, en particulier ici le poids des responsabilités professionnelles qui prennent le pas sur la vie personnelle et le bien être des employés. La quête de la réussite, dans une compétition industrielle acharnée en période de crise, mais aussi l'importance de l'honneur, de la parole donnée ou de conventions sociales souvent lourdes. La famille, et en particulier la place du père en son sein, est une fois encore mise en valeur avec la délicatesse qui caractérise les œuvres de Taniguchi.

 

Un ciel radieux, Jirô Taniguchi, 2005.

 

 

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
L


voilà, mon billet est en ligne!


nos avis sont assez similaires :) je crois qu'il ne pouvait en être autrement de toute façon!!


je suis vraiment contente d'avoir découvert les mangas avec cet auteur (j'étais pourtant très réticente au début et persuadée que ça n'allait pas me plaire...)


je vais bientôt mire "Le journal de mon père" que j'ai emprunté à la médiathèque!!


d'ailleurs, j'ai emprunté le tome 1 et 2... ça s'arrête là ou il y en a un troisième? tu sais?


 


à bientôt!!



Répondre
M


Je vais voir ton billet illico !



L


je viens de le lire, je n'ai pas encore pris le temps de rédiger mon billet... je reviens lire le tien dès que c'est fait!



Répondre
M


Hâte de lire ton billet.



L


Je ne me lasse pas de cet auteur. On a beau dire que c'est toujours un peu pareil, c'est quand même toujours agréable à lire et les dessins sont magnifiques :-)



Répondre
M


Ces mangas sont addictifs !



K


À chaque fois que je vois présenté un album de Taniguchi, je me dis qu'il me le faut absolument.  Je ne sais pas pourquoi je ne suis jamais passée à l'action, d'ailleurs, impulsive comme je
suis... mystère!



Répondre
M


Est-ce que cela aurait à voir avec ton absence des librairies depuis quelques mois, ô lectrice raisonnable aux clés farceuses ?



S


Taniguchi, c'est comme le jambon : tout est bon !!! C'est vrai, je crois n'avoir été déçue par aucun de ses livres. On y retrouve à chaque fois la délicatesse, la pudeur, la sensibilité et la
profondeur caractéristiques de cet auteur.



Répondre
M


Oh ! le bel adage !