Tout ce que j'aimais

Publié le par mrs pepys

             couvsiriaimaisAu détour d'une exposition collective, Léo Hertzberg est séduit par une toile. En faire l'acquisition ne lui suffit pas. Il cherche à faire connaissance avec l'artiste, William Wechsler. De cette rencontre naît une amitié profonde, qui unit les deux hommes et leurs familles respectives. Les années passent, et l'amitié perdure, quels que soient les hauts et les bas de la vie de chacun.

 

            L'entente entre les deux hommes constitue le cœur du roman, autour duquel se développe le récit de leurs vies souvent entremêlées. Léo, professeur d'histoire de l'art, est le narrateur. Parvenu au crépuscule de son existence, il décrit non seulement sa relation amicale avec Bill et sa famille, mais aussi la manière dont elle a influé sur sa vie.

            L'art tient une place centrale dans le roman, en raison des activités menées par les héros. La création est le domaine de Bill, dont l'œuvre prend des tournants remarquables au gré de ses expériences familiales. Léo en est le spectateur actif, commentant, interrogeant son ami sur ses intentions, et rédigeant les livrets des expositions. Lui-même écrit, fréquente galeries et critiques d'art, cherchant  entre autres à décrypter les liens entre art et argent.

           L'intrigue fait par ailleurs la part belle à une réflexion sur le mariage, l'amour et la paternité. Les deux hommes, devenus pères la même année, abordent l'éducation de leurs fils différemment. Des liens se créent et se défont, rapprochant pour un temps les uns, et laissant les autres dans l'ombre. La création artistique unit Bill et Matthew, le fils de Léo, qui, de son côté, s'efforce à son tour d'aider Mark. Tensions et complicités alternent avec leurs compagnes également. Violet, l'épouse de Bill, tient un rôle particulier. Ses recherches, portant d'abord sur l'hystérie à la fin du XIXe siècle, puis sur les dérèglements alimentaires, sont au cœur des conversations comme de l'œuvre de Bill.

            Siri Hustvedt aborde dans ce roman de multiples thèmes qui rendent compte de la complexité de la société. Le jugement n'a pas sa place dans ce récit d'une richesse extraordinaire, où tout semble avoir parfaitement sa place, même les événements les plus dramatiques. C'est le portrait d'une certaine société que brosse ici l'auteur, celui d'une frange cultivée de la population new-yorkaise. L'atmosphère du roman est aussi importante que son intrigue, subtilement équilibrée autour d'un rebondissement poignant.

            Ce fut pour moi une entrée en matière réussie dans l'œuvre de Siri Hustvedt, que j'ai hâte de découvrir plus avant.

 

Merci à Gwen qui a permis cette découverte.

 

Tout ce que j'aimais, Siri Hustvedt, 2003.

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Manu 21/08/2011 09:12



J'avais adoré ce roman lu à sa sortie. Je ne sais pas pourquoi je n'ai encore rien lu d'autres de cette romancière.



mrs pepys 21/08/2011 10:57



Il est sans doute temps de réparer cet oubli.



Sandrine 16/08/2011 18:27



Quelle magnifique couverture, à elle seule tout un programme ! Je ne saurais trop te conseiller ensuite Elégie pour un américain, mais pas Un été sans les hommes, décevant.



mrs pepys 17/08/2011 12:38



C'est noté.



Anis 15/08/2011 12:13



Les avis sont très partagés sur ce roman alors qu'ils sont assez unanimes pour "Un été sans les hommes". A découvrir donc.



mrs pepys 17/08/2011 12:37



Je me méfie des avis unanimes, car il m'arrive souvent de m'en écarter. Il n'empêche qu'Un été sans les hommes est dans ma PAL en VO.