Rosa Candida

Publié le par mrs pepys

            couvrosaDe ce roman, j'ai lu et entendu quantité de louanges. De ce fait, je n'osais plus le sortir de ma PAL, craignant de le gâcher en le lisant en de mauvaises conditions ou d'être déçue d'en avoir trop attendu. Les vacances sont propices à ces lectures que l'on commence sur la pointe des pieds. Et Rosa Candida n'en a été que meilleur.

 

            Elevé aux côtés d'une mère passionnée de jardinage, en une contrée où la tâche relève de la gageure, bouleversé par son décès accidentel, Arnljotur (que son père surnomme Lobbi) s'est fixé une mission : rendre son éclat à la roseraie d'un monastère, célébrée depuis des siècles. Il laisse derrière lui son père et son frère jumeau, qui ne s'exprime que par l'assemblage de vêtements aux couleurs criardes. Ainsi que sa fille, Flora Sol, née d'une nuit passée dans la serre avec Anna, qu'il ne connaît guère. Rejoindre le monastère constitue un véritable périple, au cours duquel il croise des infirmières compréhensives et une actrice en devenir. La roseraie l'attend au bout de la route, avec son lot d'expériences et de surprises.

 

            Tout dans ce roman est apaisement. Le récit suit son cours avec lenteur. Le flegme de Lobbi s'accorde avec le pragmatisme des moines. Les appels réguliers du jeune homme à son père, comme la routine qui s'installe avec Anna et Flora Sol, impriment un rythme rassurant. Chaque péripétie semble s'insérer d'elle même dans l'intrigue, sans surprise réelle. Tout semble naturel, à commencer par le style de l'auteur. La découverte de l'autre (qui passe entre autres par le dialogue et la maîtrise de la langue), l'apprentissage de la paternité sont abordés avec délicatesse. En dépit de sa candeur et, parfois, de sa maladresse, Lobbi sort grandi de son voyage et de son séjour au monastère. Parce qu'il ne s'étonne de rien, ou presque, il franchit chaque obstacle sans tout à fait s'en rendre compte. Il offre ainsi une manière de leçon de vie au lecteur, qui devrait, comme le conseillait déjà Candide, cultiver son jardin.

 

Rosa Candida, Audur Ava Olafsdottir, 2007.

 

Une nouvelle lecture à inclure dans le challenge Scandinavie blanche.

 

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Stephie 28/08/2011 15:19



J'avais vraiment adoré le personnage principal que j'avais trouvé touchant au possible



mrs pepys 02/09/2011 20:43



Ce personnage est un homme car l'auteur, a-t-elle expliqué au salon du livre, n'a que des filles... mais il a une sensibilité très féminine.



Aproposdelivres 27/08/2011 22:09



Un de mes coups de coeur de 2010 que j'ai offert à mes proches. Une très belle histoire.



mrs pepys 02/09/2011 20:42



Je crois que je vais l'offrir aussi aux proches qui ne le connaissent pas !



amaryllis 27/08/2011 16:31



Le terme d'"apaisement" est vraiment bien choisi pour ce roman. C'est tout à fait ce que j'ai ressenti en le lisant, un pur bonheur. 



mrs pepys 02/09/2011 20:38



Même l'auteur respire le calme et la gentillesse. Elle est charmante, et francophone.



Ankya 26/08/2011 11:14



En général je n'aime pas les livres trop "mous de l'action", or j'ai été complètement transportée par celui-ci ! Beaucoup aimé !



mrs pepys 02/09/2011 20:34



Il est certain qu'il ne fait pas y chercher l'action, mais l'auteur compense ce rythme lent par un propos original et par une galerie de personnages très étonnants.



lasardine 24/08/2011 19:49



un titre qui me fait envie depuis longtemps!!


va juste falloir que je trouve, encore et encore, le temps!!



mrs pepys 02/09/2011 20:25



Il se lit très vite : tu trouveras forcément le temps !