Le Montespan

Publié le par mrs pepys

            couvmontespanAthénaïs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Montespan. Qui ne connaît pas cette femme dont la beauté fut vantée par tous en cette fin de XVIIe siècle ? Certes elle ne réussit pas le tour de force de celle qui lui succède, la très réservée Mme de Maintenon, qui parvint à épouser Louis XIV, mais la Montespan n'en a pas moins laissé sa trace dans l'Histoire. Quid de son mari ? celui qui lui donna le titre et le nom par lesquels elle se fit connaître ? Jean Teulé entreprend de répondre à cette interrogation dans ce roman. Il s'efforce de conter comment le jeune marquis, après quelques années de bonheur auprès de son épouse adorée, se la vit enlever par son propre roi. L'intrigue se construit d'abord autour d'un bonheur conjugal qui se délite quand la cassette se vide, pour enfin plonger dans le cœur du sujet, la résistance désordonnée, provocante et souvent à la limite du ridicule du pauvre cocufié par le Roi Soleil.

 

            C'est ici en somme une manière de biographie, courant de la jeunesse à la mort de Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan. Le ton cependant est bien éloigné des vies de grands personnages auxquelles nous sommes habitués. L'humour et l'ironie bien cinglante l'emportent. Mais on rit souvent jaune car, derrière les moqueries de l'auteur aux dépens de son personnage, se cache la douleur incommensurable de l'homme trompé.

 

            Le Montespan est un roman qui se lit aisément. Jean Teulé parvient à mêler habilement références historiques et fiction. Le Grand Siècle est présenté au travers d'un filtre déformant, qui met l'accent sur le ridicule de la vie de cour et des rituels imposés par Louis XIV pour construire sa légende de son vivant. Si l'on sourit à la lecture de ces tableaux hallucinés de Versailles (ou même de la cour d'Espagne et de Charles II en particulier), ils n'en agacent pas moins lorsque l'auteur grossit le trait jusqu'à la caricature salace. A trop vouloir faire dans le style léger, l'auteur se perd dans des détails ou des remarques qui alourdissent son propos et finissent par exaspérer le lecteur.

 

            Cette lecture commune laisse une impression mitigée, celle d'un bon moment passé en compagnie d'un personnage à la brusquerie touchante, mais aussi la déception face à un emploi d'un humour d'une trivialité redondante. Il est certain néanmoins que plus jamais on ne pourra lire l'Amphitryon de Molière avec le même regard.

 

Le Montespan, Jean Teulé, 2008.

 

Première étape dans le Challenge Histoire.

Challenge histoire essai 1

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Pauline 29/08/2010 11:24



J'essaierai! Merci.



Kikine 27/08/2010 23:55



Ayant bien aimé "Le magasin des suicides", premier livre que j'ai lu de cet auteur, je vais essayer de le lire en espérant mieux apprécier que toi



mrs pepys 29/08/2010 11:42



Le Magasin des suicides attend dans ma PAL. J'espère que j'y trouverai plus de plaisir.


Bonne lecture avec Le Montespan.



florel 26/08/2010 21:53



Juste pour le plaisir du coup j'ai envie de lire Amphytrion. et l'autre scène cité. J'ai pas vraiment aimé non plus mais j'ai par contre apprécié apprendre des choses sur cette époque.


Biz.


Florel.



mrs pepys 29/08/2010 11:39



J'ai ressorti Amphytrion des oubliettes, pour une lecture prochaine.



gerry 26/08/2010 18:22



Moi aussi j'ai été frappée par cette tristesse camouflée durant toute cette lecture. Un livre qui m'a touché



mrs pepys 29/08/2010 11:38



Le marquis m'a davantage touchée que le roman lui-même.



Yohan 26/08/2010 14:49



Pour contiuer avec Jean Teulé, toujours dans la veine historique mais en moins salace et plus consistant, je te conseille vivement Je, François Villon, un très grand livre sur ce poète du 15eme
Siècle. Moins vulgaire, même si Villon est loin d'être un saint !



mrs pepys 29/08/2010 11:38



Je, François Villon est en bonne position sur ma LAL. Merci.