La Souris bleue

Publié le par mrs pepys

            couvsourisTrois crimes commis à trois époques différentes, entre 1970 et 1994. Ils n'ont a priori aucun lien, mais échouent en même temps sur les bras de Jackson Brodie, détective privé de son état. L'enquêteur s'efforce de faire la lumière sur l'enlèvement d'Olivia, charmante fillette de trois ans, disparue par une chaude nuit d'été de 1970 en même temps que sa souris bleue. Il se lance à la recherche du meurtrier d'une jeune femme pour aider un père à faire son deuil après dix années de chagrin. Il cherche à retrouver une femme accusée du meurtre de son mari, et retournée à l'anonymat une fois sa peine purgée. Pour compliquer un peu ses affaires, l'ex-femme de Jackson lui réserve une triste surprise, au moment où il parvient à ébaucher une complicité ave sa fille. Et puis – cerise sur le gâteau – voici que Jackson est pris pour cible par un piètre tueur.

 

            L'intrigue de La souris bleue peut paraître alambiquée ou farfelue au premier abord, mais elle se tient parfaitement pour le plus grand plaisir du lecteur. On se laisse embarquer dans les virées de Jackson à travers Cambridge, autant que dans les retours en arrière qui rappellent les faits de chacun des crimes. L'enquête est finalement un prétexte pour mettre au jour les travers de tous les milieux sociaux, de la gentry compassée aux gueux modernes. La plume acérée de Kate Atkinson n'épargne rien ni personne. La suffisance des hobereaux du Yorkshire, la folie douce des vieilles filles, les bassesses du divorce, la reconversion d'une jeune épouse de professeur dans les menées de la mafia russe, l'auteur ose tout, avec force ironie et humour grinçant. Les personnages se pressent nombreux dans cette galerie de portraits, des plus ridicules et pathétiques aux plus loufoques ou aux plus poignants. On rit beaucoup à la lecture de ce roman, sans que cela n'empêche de se sentir ému aux larmes à certains moments. C'est un admirable tour de force que d'avoir réussi pareil roman, où tous les éléments ne tiennent miraculeusement ensemble que par le talent de l'auteur.

 

La Souris bleue, Kate Atkinson, 2004.

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cocola 10/09/2010 18:51



(pas trop compris le commentaire d'au-dessus ? lol)


Un super coup de coeur pour moi en tout cas, La souris bleue. Je te conseille aussi les deux suites (même si en fait je n'ai pas lu la suite, mais seulement la suite de la suite) !



mrs pepys 10/09/2010 19:11



Moi non plus je n'ai pas trop compris le rapport avec le livre.


La suite est déjà dans ma PAL !


 



Raphaël Zacharie de IZARRA 10/09/2010 00:11



 


LES VIEILLES FILLES


 


J'aime les vieilles filles. Et lorsqu'elles sont laides, c'est encore mieux.


 


Les vieilles filles laides, acariâtre, bigotes ont les charmes baroques et amers des bières irlandaises. Ces amantes sauvages sont des crabes difficiles à consommer : il faut savoir se frayer un
chemin âpre et divin entre leurs pinces osseuses. Quand les vieilles filles sourient, elles grimacent. Quand elles prient, elles blasphèment. Quand elles aiment, elles maudissent. Leurs plaisirs
sont une soupe vengeresse qui les maintient en vie. Elles raffolent de leur potage de fiel et d'épines. Tantôt glacé, tantôt brûlant, elles avalent d'un trait leur bol de passions fermentées. Les
vieilles filles sont perverses. C'est leur jardin secret à elles, bien que nul n'ignore leurs vices.


 


Les vieilles filles sont des amantes recherchées : les esthètes savent apprécier ces sorcières d'alcôve. Comme des champignons vénéneux, elles anesthésient les coeurs, enchantent les pensées,
remuent les âmes, troublent les sangs. Leur poison est un régal pour le sybarite.


 


L'hypocrisie, c'est leur vertu. La médisance leur tient lieu de bénédiction. La méchanceté est leur coquetterie. Le mensonge, c'est leur parole donnée. Elles ne rateraient pour rien au monde une
messe, leur cher curé étant leur pire ennemi. Le Diable n'est jamais loin d'elles, qui prend les traits de leur jolie voisine de palier, du simple passant ou de l'authentique Vertu (celle qui les
effraie tant). Elles épient le monde derrière leurs petits carreaux impeccablement lustrés. Elles adorent les enfants, se délectant à l'idée d'étouffer leurs rires. Mais surtout, elles ne
résistent pas à leur péché mignon : faire la conversation avec les belles femmes. Vengeance subtile que de s'afficher en flatteuses compagnies tout en se sachant fielleuses, sèches, austères...
C'est qu'elles portent le chignon comme une couronne : là éclate leur orgueil de frustrées.


 


Oui, j'aime les vieilles filles laides et méchantes. A l'opposé des belles femmes heureuses et épanouies, les vieilles filles laides et méchantes portent en elles des rêves désespérés, et leurs
cauchemars ressemblent à des cris de chouette dans la nuit. Trésors dérisoires et magnifiques, à la mesure de leur infinie détresse. Contrairement aux femmes belles et heureuses, elles ont bien
plus de raisons de m'aimer et de me haïr, de m'adorer et de me maudire, de lire et de relire ces mots en forme d'hommage, inlassablement, désespérément, infiniment.


 


Raphaël Zacharie de IZARRA



Juliette 21/08/2010 22:07



et les deux suivants sont encore meilleurs!!! AHHH Jackson! Rue-toi, ils sont en poche!



mrs pepys 22/08/2010 13:29



Pour me remettre des émotions de la rentée, je reprendrai bien un peu de Jackson.



Stephie 20/08/2010 12:25



J'ai lu un Atkinson il y a une dizaine d'années, mais je ne me rappelle ni l'intrigue ni le titre...



mrs pepys 22/08/2010 13:32



Blonditude quand tu nous tiens...



Sandrine 19/08/2010 21:40



J'aime bien cet auteur, j'avais particulièrement apprécié "dans les coulisses du musée", je n'ai pas lu celui-ci mais je le note !!



mrs pepys 22/08/2010 13:34



Je suis sûre que ta bibliothèque favorite l'a en magasin !