La Reine des lectrices

Publié le par mrs pepys

            couvbennett.jpgLa Reine n'a guère le temps, ni même le goût, de lire. Elle se trouve prise au dépourvu lorsque, montée dans le bibliobus pour s'excuser du bruit causé par ses chiens, elle en ressort un livre à la main. Autant par devoir que par curiosité, elle lit ce premier ouvrage. Puis, conseillée par Norman Seakins, un employé de cuisine, la souveraine prolonge l'expérience et commence à y prendre plaisir. Sa famille mais aussi ses valets de chambre et le personnel politique qui l'entoure (à commencer par le Premier Ministre), d'abord intrigués par cette activité nouvelle, ne tardent pas à s'en agacer. En devenant une passion, la lecture vient déranger le protocole comme les habitudes de la maison Windsor, mais plus encore transforme profondément la souveraine.

            Dans ce très court roman, Alan Bennett fait preuve d'une imagination débordante en faisant de la Reine d'Angleterre une lectrice assidue. D'une situation fort éloignée de la réalité, il fait un récit très vraisemblable. Les symptômes d'une addiction grandissante à la lecture sont fort bien décrits. D'un besoin croissant de se plonger dans son livre, de la volonté de s'approcher des auteurs, du va-et-vient entre contemporains et classiques, on passe très vite à l'envie de mettre par écrit ses impressions, à une lecture le crayon à la main, et même au projet d'écrire à son tour. Le choix de la Reine comme personnage central du récit n'est pas essentiel car ce n'est finalement qu'un prétexte à une réflexion sur la lecture, sur sa capacité à changer une personne. L'intérêt de ce choix est que les conséquences de cet attrait pour la lecture sont amplifiées. La démonstration de Bennett n'en est que plus compréhensible. Une fois encore, la quatrième de couverture est trompeuse. Elle mentionne une "joyeuse farce", alors qu'il ne s'agit pas dans ce roman de faire rire à gorge déployée. Le propos est davantage ironique, prêtant à sourire certes, mais en poursuivant une discrète argumentation. Voici un roman qui ne peut que plaire aux lecteurs convaincus, et qui est capable d'inciter à lire davantage ceux qui ne seraient pas encore convertis à cette saine activité.

 

La Reine des lectrices, Alan Bennett, 2007.

 

Première lecture pour le challenge Petit Bac - catégorie "loisirs"

 

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Miss Alfie 07/03/2011 10:57



J'en garde un délicieux souvenir, et je me souviens avoir tellement accroché à ce récit que j'en avais loupé mon arrêt dans le bus !



mrs pepys 10/03/2011 21:33



Comme la reine, tu avais perdu la notion du temps... 



djak 13/02/2011 21:52



ouaip! j'avais également apprécié cette lecture, plus souriante qu'hilarante, en effet! mais un style agréable et divertissant.



mrs pepys 14/02/2011 19:00



Oh ! ma reine des lectrices est de retour ! sympa de te voir par ici, avant de te voir en vrai.



Karine:) 12/02/2011 17:19



Tentée depuis sa sortie.  Mais tu n'es pas la première à dire que ce n'est pas une farce hilarante.  Je sais maintenant à quoi m'attendre, depuis le temps. 



mrs pepys 14/02/2011 18:59



On ne se tape pas sur les cuisses pendant cette lecture, mais elle n'en est pas moins sympathique. Laisse toi tenter !



lasardine 10/02/2011 10:24



je garde un bon souvenir de ce p'tit livre! j'avais bien aimé le ton!



mrs pepys 10/02/2011 11:43



So british, n'est-il pas ?



Leiloona 09/02/2011 16:34



J'avais été super déçue, car je ne l'avais pas trouvé drôle. 



mrs pepys 10/02/2011 11:43



C'est là que réside le problème : on a fait beaucoup de battage autour du comique de ce livre, mais son propos est sérieux et le dénouement assez dramatique.