La maison où je suis mort autrefois

Publié le par mrs pepys

 

            couvmaison.jpgA l'occasion d'une réunion d'anciens élèves, Sayaka Kurahashi reprend contact avec le narrateur (dont le nom reste inconnu du lecteur). Elle souhaite que son ancien petit ami l'aide à résoudre une énigme. Elle a en effet découvert, à la mort de son père, un plan et une clé qui semblent donner accès à une maison dont elle pense qu'elle peut l'éclairer sur l'enfance qu'elle a oubliée. Tous deux prennent donc le chemin du lac de Matsubara. Ils explorent alors une maison à l'abandon, où tout semble comme suspendu dans le temps. Chaque meuble, chaque vêtement, chaque objet deviennent des indices sur la voie de la mémoire perdue de Sayaka, mais aussi des événements tragiques dont la maison a été le drame.

 

            Le grand atout de ce roman est incontestablement son intrigue qui se déploie très lentement, ménageant un suspens crispant pour le lecteur. Point de rebondissements rocambolesques, mais une mise au jour progressive des éléments qui rendent inéluctable la révélation du dénouement. Le lecteur peut ainsi reconstruire, au même rythme que les personnages, les événements qui se sont produits dans la maison. Les découvertes et les déductions mettent de plus en plus mal à l'aise, suggérant très vite que la chute sera brutale.

            Les thèmes abordés sont sensibles. Ils amènent non seulement à s'interroger sur les personnages mais aussi sur la société nippone, ses traditions, ses valeurs, qui sont présentées comme autant de pesanteurs. Au cœur de la réflexion se trouvent les questions de l'identité et de la famille, en particulier dans le contexte de l'adoption. La famille, est-ce celle dont on est issu biologiquement ou celle que l'on se choisit, que l'on construit ? Le goût du secret, qui est censé protéger, est tout autant fustigé que les révélations à l'emporte-pièce. Plus qu'un roman policier, c'est à un roman noir que l'on a affaire ici. On ne peut à proprement parler d'enquête, mais plutôt d'une exploration d'un univers noir, où même les bonnes intentions se révèlent douloureuses. Quoique peu optimiste, le récit est extrêmement prenant. Et comme le style est fluide, agréable, ce roman se dévore plus qu'il ne se lit. On attend impatiemment que d'autres ouvrages du même auteur ne soient traduit en français.

 

Merci Sandrine !

 

La maison où je suis mort autrefois, Keigo Higashino, 2010.

 

challenge Japan

Publié dans policier - thriller

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Matilda 28/01/2011 11:38



Je ne connaissais pas du tout cet auteur, mais ce que tu dis de son livre me donne envie ! Et pourquoi pas le lire pour ma participation également au challenge de Choco :)



mrs pepys 31/01/2011 07:04



Un seul de ses romans est paru en français, mais j'attends d'autres traductions avec impatience.



Karine :) 06/12/2010 14:37



Ca semble ma foi très intéressant... je ne connaissais ps du tout mais le thème me tente...



mrs pepys 13/12/2010 06:16



Il n'est pas bien gros : dans une PAL, il passerait presque inaperçu...



Irrégulière 06/12/2010 12:35



C'est assez tentant en tout cas !



mrs pepys 13/12/2010 06:15



Ne résiste pas à cette tentation.



nymeria 05/12/2010 22:18



Sympathique critique qui me donne envie de lire ce livre !



mrs pepys 06/12/2010 07:13



Bonne lecture !



Manu 05/12/2010 20:19



Un roman que j'ai déjà repéré et qui me fait de plus en plus envie.



mrs pepys 06/12/2010 07:12



Laisse toi tenter !